Labels et certifications environnementales

De nombreux labels, référentiels et certifications environnementales se sont développés ces dernières années afin d’attester des qualités environnementales ou d’une minimisation de l’impact environnemental d’un produit, d’un service ou d’une entreprise.

Néanmoins, ils n'ont pas tous la même valeur : les exigences des labels et certifications diffèrent si bien qu’il n’est pas toujours aisé de les comparer et les processus de contrôle sont parfois très différents allant d’une simple auto-déclaration de l’entreprise jusqu’à la vérification par un tiers accrédité (processus de certification).

Dans cette multitude de labels et de certifications, il faut différencier deux types :

  • ceux qui portent sur une entreprise ;
  • ceux qui s’appliquent aux produits conçus par une entreprise.

Labels, certifications environnementales pour un produit ou un équipement

Il existe une multitude de labels et de certifications environnementales concernant des produits mis sur le marché.

L’essor de ces labels provient avant tout d’un vide réglementaire ou du moins d’un manque de confiance dans les réglementations existantes jugées obsolètes ou manquant d’actualisation.

Même la directive REACH (Registration, Evaluation, Authorisation of Chemicals) censée moderniser la législation européenne en matière de produits chimiques comporte de nombreuses lacunes. Ainsi les substances contenues dans l’alimentation ne sont pas soumises à enregistrement et donc encore moins à autorisation.

Ce manque de réglementation a parfois des conséquences environnementales majeures : aujourd'hui, 1/3 des maladies professionnelles en Europe sont dues à l’exposition ou à la manipulation de substances chimiques (source : MEDDTL).

Face à ce climat de suspicion, des initiatives se sont montées pour aller au-delà et garantir des produits plus vertueux que le minimum réglementaire. Un label ou une certification environnementale est donc un gage de qualité et de respect de l’environnement tout en sachant qu’il répond à un cahier des charges et donc à un point de vue ou un parti-pris.

Certains labels ne portent que sur des conditions énergétiques alors que d’autres ne s’intéresseront qu’à l’émissions de polluants affectant la qualité de l’air.

Les points cruciaux à vérifier lorsqu’il s’agit de s’assurer du sérieux d’un label sont les suivants :

  • Les enjeux environnementaux traités (consommation d’énergie, émissions de GES, eau, minimisation des ressources, polluants, biodiversité) et les seuils tolérés (à minima avoir des seuils plus stricts que la réglementation des pays)
  • Le contrôle des informations fournies par l’entreprise par une tierce-partie indépendante de l’organisme qui délivre le label

Parmi les labels reconnus pour leur sérieux et les exigences de leurs référentiels, nous pouvons citer :

Ange Bleu Ange Bleu pour des équipements énergétiques, des produits d'aménagement et des biens de consommation
Nature Plus Nature Plus pour des produits de construction et d'aménagement
FSC FSC pour la gestion forestière
Emicode Emicode pour les colles
GÜT GÜT pour les moquettes et textiles


Les labels ont un rôle majeur : permettre aux non-initiés de ne pas se perdre dans la multitude des déclarations environnementales, qui s’apparentent trop souvent à du GreenWashing (fait de tromper le consommateur par rapport aux pratiques environnementales).

Un cabinet de conseil canadien, TerraChoice, recense les 7 péchés du GreenWashing allant du pur mensonge (produit non certifié mais annoncé comme tel) jusqu’à des déclarations plus pernicieuses comme la communication sur des enjeux environnementaux non prioritaires (par exemple des cigarettes biologiques ou une climatisation sans CFC, déjà interdits depuis 1987). Leur démarche permet d’attirer l’attention sur la pertinence des messages environnementaux.

GreenWashing
Source : Greenwashing Report 2012, http://sinsofgreenwashing.org

Pour aller plus loin, www.ecolabelindex.com et www.infolabel.be référencent de nombreux labels et certifications environnementales.

Labels, certifications environnementales pour une entreprise

A l’échelle d’une entreprise, la prise en compte des problématiques environnementales doit être intégrée aux différents processus, l’objectif étant de maitriser les impacts liés à l’activité de l’entreprise.

Il s’agit donc de mettre en place un système de management environnemental (SME) qui reprend les principes de base du management de la qualité mais appliqué à l’environnement.
Un travail d’amélioration continue symbolisée par la roue de Deming peut résumer la démarche.

La roue de Deming


A partir du diagnostic environnemental de l’entreprise, celle-ci se fixe des objectifs environnementaux à atteindre et met en place les procédures nécessaires afin d’y parvenir, ainsi que des procédures de contrôle et d’actions correctrices en cas de non-atteinte des objectifs.

Il existe deux certifications environnementales principales pour les entreprises :

  • La norme ISO 14001, standard international existant depuis 1996
  • La certification du SME par étapes (selon le référentiel FD X 30-205) qui permet à une entreprise de progressivement intégrer les exigences de l’ISO 14001

Des démarches spécifiques ont été mises en place pour les PME comme ENVOL (engagement volontaire de l’entreprise pour l’environnement) afin d’aider ces entreprises à progressivement mettre en place un SME.

De la même manière, 1,2,3 Environnement est un outil méthodologique de management environnemental en plusieurs étapes depuis la réalisation d’un état des lieux jusqu’à l’obtention d’un système de management formalisé selon les référentiel ISO14001/EMAS.

La critique récurrente de ces certifications est qu’elle ne fixe pas d’objectifs chiffrés à atteindre. C’est à l’entreprise de se fixer ces objectifs, qui dépendent de son secteur d’activité.

Le parti-pris d’une ISO 14001 est d’être applicable à tous les domaines d’activités donc de couvrir des secteurs allant de la chimie à l’automobile en passant par des activités de services. Des objectifs globaux sont impossibles à définir, les enjeux environnementaux étant bien différents entre les secteurs d’activité.

Un moyen de vérifier le sérieux d’une démarche environnementale est de vérifier les choix effectués par une entreprise qui vont au-delà de la simple réglementation (par exemple retrait de certains produits ou substances dangereuses mais non interdites ou engagements clairs de réduction).

En savoir plus : famille des normes ISO 14 000, 1,2,3 Environnement